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Le feu sacré

21 Avril 2016

J’ai eu beaucoup de chance dans ma vie. Entre autres, ma santé ne m’a pas souvent mis des bâtons dans les roues. J’ai pu fonctionner sans vraiment me ménager, tout en récupérant passablement vite. Doté d’un gros appétit pour la vie, j’ai foncé dans le tas plus souvent que moins. Une espèce de bonne fortune m’accompagnait. On disait que j’étais né sous une bonne étoile. Et aujourd’hui, ça reste vrai.

Il y a quelques années, j’imaginais prendre ma retraite. Je me suis installé dans Charlevoix, tout près d’amis très chers. Je ne l’ai jamais regretté, je vous le jure. Par contre, ça ne s’est pas passé du tout comme je prévoyais.

Il y a d’abord eu cet appel des membres de la direction de la Fondation des artistes. Leur enthousiasme, la qualité de leur organisation et la cause qu’ils défendaient m’ont ramené en ville de façon plus ou moins régulière. J’avoue que je ne détestais pas ça.

Et puis, la roue s’est remise à tourner de façon surprenante. On m’a offert de remonter sur scène. Je n’ai même pas eu envie de résister à la tentation. Quand on m’a offert de reprendre mon costume de tannant, j’ai éclaté de rire tout en perdant vingt ans. « Maudit fou à Marcotte », voilà tout ce qui m’est passé par la tête en acceptant.

Et le président de la Fondation des artistes que je suis a pensé à ceci : un artiste n’en a jamais fini avec ce métier. Tout ce qu’il veut, c’est jouer. Et comme c’est pour le plus grand bonheur de tous, voici le message que je vous transmets en tant que président largement septuagénaire de la Fondation : « Mes amis, les artistes ne vous laisseront jamais tomber. Alors, si vous en voyez un en train de perdre pied, aidez-le à se relever. Vous ne le regretterez pas. Il se remettra à danser, elle recommencera à chanter, il reviendra sur scène, vous la reverrez à la télévision. L’artiste renait de ses cendres. S’il vous plaît, quand vous le pouvez, soufflez sur les braises. Le feu reprend toujours. Le Feu sacré »