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René Caron, une vie d'artiste

26 Juillet 2016

Voici une lettre signée par Pierre Marcotte, président de la Fondation des artistes, et publiée dans le journal Le Devoir le 18 juillet 2016.

René Caron atteindra un nouveau sommet avec le Todore Bouchonneau des «Belles histoires des pays d’en haut». Sur la photo en conversation avec sa femme Georgiana Bouchonneau, jouée par Réjane Desrameaux.

Photo: André Le Coz Radio-Canada - René Caron atteindra un nouveau sommet avec le Todore Bouchonneau des «Belles histoires des pays d’en haut». Sur la photo en conversation avec sa femme Georgiana Bouchonneau, jouée par Réjane Desrameaux.

 

Le 1er décembre, notre fondateur René Caron célébrait ses 90 ans. Et voilà qu’il a effectué sa sortie. Pendant toute sa vie, René est resté fidèle à son rêve de jeunesse. Il a vécu en artiste.

Il s’est rapidement détaché du peloton des petits nouveaux. Doté d’un timbre de voix exceptionnellement chaleureux, il a vite trouvé un micro à la radio. Chanteur lyrique talentueux, il a aussi pu monter sur scène régulièrement. Puis, la télévision est entrée dans nos maisons. René franchissait avec elle une nouvelle étape. Les plus âgés se souviendront du merveilleux Des Groseilliers qu’il incarnait si bien aux côtés du Radisson de Jacques Godin. Ils ont fait rêver d’exploits et d’aventures toute une génération qui ne les a pas oubliés.

Inoubliable Todore

Mais ce n’était qu’une autre facette du talent de René. Il atteindra plus tard un nouveau sommet avec le Todore Bouchonneau des Belles histoires des pays d’en haut. La bonhomie et la truculence du personnage se nourrissaient aux mêmes sources que l’appétit de vivre qui animait René. Le public l’a bien vu et s’est identifié à cet homme dont la générosité embellissait tous les actes.

Vedette, René Caron ne s’est jamais pris au sérieux. Non, c’est la vie qu’il a prise au sérieux. En entrant dans la cinquantaine, René s’est débarrassé de toutes les entraves qui s’acharnaient à lui mettre des bâtons dans les roues. Tout en continuant à exercer ce merveilleux métier qu’il avait choisi, il s’est tourné vers les autres. Membre d’associations philanthropiques, il a sillonné le Québec de Val-d’Or à Coaticook. Partout, il incitait à la générosité, il appuyait des campagnes de financement… Bref, il faisait du bien.

Engagé dans la Fondation

C’est donc tout naturellement qu’il a plongé dans la création de la Fondation des artistes. D’abord, bien modestement, il contactait une grande chaîne d’alimentation pour lui demander des paniers de Noël. René connaissait tout le monde et chacun se sentait honoré de pouvoir l’aider à venir en aide. Au temps des fêtes, en compagnie de Reine France, de Renée Girard, de Roger Sylvain et d’une belle équipe d’artistes aujourd’hui décédés, il rendait visite aux camarades âgés.

Depuis, la Fondation ne cesse de se développer. C’est pourquoi, au temps des fêtes, toute une équipe d’artistes bénévoles rend visite à des aînés. Ils apportent des cadeaux et ils prennent le temps d’écouter se raconter ces êtres exceptionnels qui les ont précédés. Et cette année, juste avant Noël, j’ai eu le bonheur de rendre la pareille à René. J’ai passé un moment inoubliable chez lui. Pour ma part, je suis conscient que si j’ai pu mener une si belle vie d’artiste, c’est parce que des gens comme toi m’ont ouvert la voie, René. Au nom de tous les artistes que tu as aidés, merci.

Salut, l’artiste !