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Une vie d'artiste: René Caron

21 Décembre 2015

Le 1er décembre, notre fondateur René Caron célébrait des 90 ans. Pendant toute sa vie, René est resté fidèle à son rêve de jeunesse. Il a vécu en artiste.

Il s’est rapidement détaché du peloton des petits nouveaux. Doté d’un timbre de voix exceptionnellement chaleureux, il a vite trouvé un micro à la radio. Chanteur lyrique talentueux, il a aussi pu monter sur scène régulièrement. Puis, la télévision est entrée dans nos maisons. René franchissait avec elle une nouvelle étape. Qui ne se souvient pas du merveilleux Des Groseilliers qu’il incarnait si bien aux côtés du Radisson de Jacques Godin ? Ils ont fait rêver d’exploits et d’aventures toute une génération qui ne les a pas oubliés.

Mais ce n’était qu’une autre facette du talent de René. Il atteindra plus tard un nouveau sommet avec le Todore Bouchonneau des Belles Histoires des Pays d’En-Haut. La bonhomie et la truculence du personnage se nourrissaient aux mêmes sources que l’appétit de vivre qui animait René. Le public l’a bien vu et s’est identifié à cet homme dont la générosité embellissait tous les actes.

Vedette, René Caron ne s’est jamais pris au sérieux. Non, c’est la vie qu’il a prise au sérieux. En entrant dans la cinquantaine, René s’est débarrassé de toutes les entraves qui s’acharnaient à lui mettre des bâtons dans les roues. Tout en continuant à exercer ce merveilleux métier qu’il avait choisi, il s’est tourné vers les autres. Membre d’associations philanthropiques, il a sillonné le Québec de Val-d’Or à Coaticook. Partout, il incitait à la générosité, il appuyait des campagnes de financement… Bref, il faisait du bien.

C’est donc tout naturellement qu’il a plongé dans la création de la Fondation des artistes. D’abord, bien modestement, il contactait une grande chaîne d’alimentation pour lui demander des paniers de Noël. René connaissaît tout le monde et chacun se sentait honoré de pouvoir l’aider à venir en aide. Au temps des Fêtes, en compagnie de Reine France, de Renée Girard, de Roger Sylvain et d’une belle équipe d’artistes aujourd’hui décédés, il rendait visite aux camarades âgés. Puis, grâce à l’appui indéfectible du réalisateur Richard Martin, l’ancêtre de notre Fondation a vu ses coffres se remplir de son premier 100 000 dollars. Plus tard, Gilles-Philippe Delorme, trésorier de l’UDA, s’est employé avec les gens de cette première fondation — qui s’appelait la Fondation des artistes de chez nous — à obtenir un statut d’organisme de bienfaisance. Généreusement, l’UDA a choisi de donner son fonds d’entraide à ce nouvel organisme appelé la Fondation des artistes du Québec. On était en novembre 1995. Il y a 20 ans.

Depuis, la Fondation ne cesse de se développer. Mais elle n’oublie pas ses origines. C’est un enfant reconnaissant qui se souvient de ses parents. Et qui ne perd pas ses bonnes habitudes. C’est pourquoi, ces jours-ci, toute une équipe d’artistes bénévoles rend visite à des aînés. Ils apportent des cadeaux et ils prennent le temps d’écouter se raconter ces êtres exceptionnels qui les ont précédés.

Pour ma part, je suis conscient que si j’ai pu mener une si belle vie d’artiste, c’est parce que des gens comme toi m’ont ouvert la voie, René. Cette année, on ne te verra pas avec les artistes qui effectuent les visites. Cette année, tu seras plutôt un artiste auquel les alliés de la Fondation rendront visite, les bras chargés de cadeaux. Toi qui as tellement donné, tu devras te faire à l’idée de recevoir. Parce que, tu vois, mon cher René, c’est à ton tour de te laisser parler d’amour.

P.-S. Je remercie la Caisse de la Culture, l’Union des artistes et Québecor, sans qui ces visites ne seraient pas possibles.

René Caron et Roger Sylvain, fondateurs